A l’occasion de la sortie de son nouveau film L’Age de Raison, le 28 juillet avec Sophie Marceau, le réalisateur Yann Samuell a accepté de revenir sur son premier film devenu culte : Jeux d’Enfants.

Il répond ici, en exclusivité, à deux questions que tous les fans du film se posent :

Que contient la boite ?
et
Que signifie la fin de « JEUX D’ENFANTS » ?

Que contient la boite ?
Cette boite est une « capsule temporelle » qui préserve et épargne les sentiments de la dégradation du temps et permets aux personnages de retrouver l’innocence. Ce thème m’a poursuivi sur deux de mes films : la boite à bonbons de « JEUX D’ENFANT » et les enveloppes de « l’AGE DE RAISON » (mon dernier film avec Sophie Marceau).
« JEUX D’ENFANTS » nous mène jusqu’au moment de l’ouverture de la boite (Sophie et Julien épuisés par une vie à éprouver leur amour méritent enfin de l’ouvrir )… Dans « L’AGE DE RAISON » je reprends le thème là où « JEUX D’ENFANTS » l’avait laissé : au moment de l’ouverture de cette « capsule temporelle » : Margaret (le personnage de Sophie Marceau) fait face au souvenir, aux promesses tenues et surtout à toutes celles que l’on a trahi. Ce nouveau film, poursuit en quelques sortes l’histoire.

Que signifie la fin de « JEUX D’ENFANTS » ?
Voilà une question que l’on me pose quotidiennement depuis sept ans. Et à laquelle je me refuse de répondre.
J’ai écrit cette fin de manière interactive. J’ai voulu placer le spectateur non pas dans la situation passive qu’on lui impose d’ordinaire au cinéma, mais lui restituer ce droit naturel à tout individu de choisir. Ce faisant, je brisais une des règles d’or du septième art et de la narration en général en désacralisant l’auteur et en plaçant le spectateur sur un pied d’égalité. On me l’a reproché, on m’en a félicité également…
La fin de « JEUX D’ENFANTS » est donc ouverte.
Soit Sophie et Julien succombent à l’ensevelissement dans le béton : ils figent leur amour à son paroxysme, statufiant le temps avant qu’il ne les abime… alors dans un ultime instant, ils partagent un rêve de bonheur à la fin d’un vie qu’ils auraient pu avoir.
Soit, ils survivent au béton et terminent leurs jours comme ils les avaient commencés avec les mêmes bêtises (pipi dans le bureau du directeur, gros mots en publics, etc…)
De plus la dégradation des couleurs qui passe progressivement tout au long du film du technicolor flashy de l’enfance vers la déssaturation extrême de la vieillesse, accentue l’impression d’une fin irréelle… et donc ouverte.
Pour ma part « JEUX D’ENFANTS » s’est terminé le jour de sa première projection publique, lors d’un festival par une anecdote : On m’avait demandé de présenter le film, ce que je fis avant la projection. Le film est donc projeté. Lors du générique de fin, avant que les lumières ne se rallument, je retourne vers l’écran pour répondre aux questions du public. Alors, quelqu’un sort des rangs en courant et me bouscule. Un homme qui doit sortir de toute urgence. Il s’excuse de sa précipitation, et me dit entre larmes et sourires : « merci beaucoup pour votre film, mais il faut que je sorte tout de suite pour appeler ma copine et lui dire que je l’aime… »
Pour moi ça a été la seule vraie fin de « JEUX D’ENFANTS ». Depuis, le film ne m’appartient plus.

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